Actualités La pollution liée aux épandages

Une crise sanitaire qui dépasserait largement les 4620 hectares annoncés par l’ARS

Il est manifeste qu’au-delà des zones représentées sur les cartographies des anciennes zones d’épandage des eaux usées de la ville de Paris (études publiées par l’ARS le 15/10/2018), d’autres zones attenantes ont été épandues soit par des eaux usées traitées ou non traitées provenant des 19 villes elles-mêmes soit par des eaux usées de la ville de Paris qui ont pu être transportées (eau « miraculeuse » à l’époque).

C’est ce qui ressort de :

1) Article de journal du Parisien du 11 novembre 2000 concernant les épandages (illégaux) :

http://m.leparisien.fr/val-d-oise/la-colere-de-val-d-oise-environnement-11-11-2000-2001753494.php

On y apprend en effet d’une part :

« Rappelons que les six communes de Pierrelaye, Herblay, Taverny, Beauchamp, Bessancourt et Montigny déversent chaque jour, sans aucun traitement, 15 000 m3 d’eaux usées dans la plaine, ce qui est une situation unique en Ile-de-France, et qu’elles continueront à le faire jusqu’en 2005, date… ».

Et d’autre part que :

« Cela n’empêche pas la plupart de ces élus de continuer à urbaniser allégrement, sans aucun état d’âme. »

Alors que les dangers de ces épandages n’étaient pas connus au début du XXème siècle, il n’est pas raisonnable de penser que les 19 villes n’ont pas épandu sur les terrains de leur commune pendant également des décennies sur des terrains situés maintenant en plein centre ville (voir point suivant concernant 2 écoles de Saint-Ouen l’Aumône).

Extrait :

“…La réaction du maire de Pierrelaye, Michel Valade, qui plaide non coupable au sujet du rejet des eaux usées dans la plaine, lui paraît inconcevable. Rappelons que les six communes de Pierrelaye, Herblay, Taverny, Beauchamp, Bessancourt et Montigny déversent chaque jour, sans aucun traitement, 15 000 m3 d’eaux usées dans la plaine, ce qui est une situation unique en Ile-de-France, et qu’elles continueront à le faire jusqu’en 2005, date d’ouverture d’une station d’épuration aux Grésillons, à Triel, dans les Yvelines. Dans un communiqué publié hier, la responsable de l’association écologiste met en cause le comportement, imprévoyant selon elle, des élus : « Ils savent se regrouper aujourd’hui pour dire : n’est pas responsable. Nous aurions apprécié qu’ils se réunissent il y a plusieurs années pour proposer la création de leur propre syndicat d’assainissement. Le Code général des collectivités territoriales impose aux élus de prévenir par des précautions convenables et de faire cesser les pollutions de toute nature. Il est évident que cet article ne sera pas respecté. » Elle ajoute : « Cela n’empêche pas la plupart de ces élus de continuer à urbaniser allégrement, sans aucun état d’âme. » Françoise Laurent repousse en tout cas l’argumentation du maire de Pierrelaye, faisant valoir que le traitement des eaux a été délégué au Siaap (Syndicat interdépartemental d’assainissement de l’agglomération parisienne) jusqu’en 2033. « Pour la plupart, ils sont membres actifs du conseil d’administration ; au pire, ils reçoivent les comptes rendus. » Elle met également en cause la crédibilité du Siecuep (Syndicat intercommunal pour l’étude d’une charte d’urbanisme et d’environnement sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt), créé en 1999 et regroupant les communes de Bessancourt, Frépillon, Herblay, Méry-sur-Oise, Pierrelaye et Saint-Ouen-l’Aumône. « Trois communes sur six, Bessancourt, Herblay et Pierrelaye, ne pourront pas respecter la loi sur l’eau. Quelle crédibilité ce syndicat peut-il encore avoir auprès des habitants qui sont aussi des contribuables et des électeurs ? Ces trois communes continueront donc à déverser leurs eaux usées à l’emplacement même du site que les six sont censées protéger en rédigeant une charte. » ”

2) La publication, sur son site web par l’association « Les robins des bois », d’une étude concernant deux écoles de Saint-Ouen l’Aumône.

http://www.robindesbois.org/votre-ecole-est-elle-toxique-national/

Concernant les deux écoles de Saint-Ouen l’Aumône, celles-ci sont situées en plein centre-ville à environ une centaine de mètres de la mairie, hors zone d’épandage des eaux usées de la ville de Paris. Il y est clairement stipulé, même si les valeurs sont étrangement éludées, que le plomb dans le sol pose problème et que cela pourrait être dû aux anciennes pratiques agricoles.

On peut en effet lire :

« L’étude historique montre que les bâtiments de l’école maternelle ont été construits en 1975 sur d’anciens terrains agricoles. »

Et

 « Dans les sols superficiels : les teneurs mesurées sont supérieures à celles mesurées dans les échantillons témoins et aux références bibliographiques. L’interprétation des résultats, réalisée en considérant un scénario d’ingestion de sol montre que la qualité des sols ne pose pas de problème excepté pour le plomb.

Pour le plomb, les résultats des analyses montrent des teneurs dans les sols de l’établissement supérieures aux teneurs naturellement présentes ou dans les échantillons témoins. »

 L’étude précisant : « En vue de réduire l’exposition au plomb de la population française, les autorités sanitaires au niveau national, notamment le Haut Conseil de la Santé Publique, mènent actuellement des travaux pour réévaluer l’ensemble des valeurs de gestion aujourd’hui en vigueur sur le plomb. A l’issue de ces travaux, si une valeur de gestion dans les sols inférieure à la teneur qui a été mesurée dans l’établissement venait à être définie, les responsables en seront alors informés.

L’école élémentaire La Prairie à Saint-Ouen l’Aumône (n°0951375D) est classée en catégorie B pour conserver la mémoire des résultats de ce diagnostic et engager les actions qui pourraient s’avérer nécessaires dans les mois à venir. », il s’avère qu’au moment de l’étude le nouveau seuil de 50 microgrammes/L pour définir le saturnisme (établi en 2014) n’était pas encore fixé et que l’impact de la bioaccessibilité était complètement éludé.

Au surplus, il est manifeste que cette étude ne fait pas preuve de transparence puisque les concentrations en plomb posant problème ne sont pas mentionnées.

Il est certain que, par exemple, si une valeur de 200 mg/kg avait été relevée, elle serait aujourd’hui considérée, du fait de la bioaccessibilité et du fait des nouveaux seuils fixés par le HCSP en 2014, comme une valeur nécessitant un dépistage systématique du saturnisme et une alerte à la population.

Nous reviendrons assurément sur ce sujet, et sur tous les autres, bien sur dès semaine prochaine devant le tribunal administratif de Paris.

AC !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.